laboratoire Analyse et Traitement Informatique de la Langue Française (ATILF)
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Retour en images et réflexion postérieure sur ... Les 2 ateliers de conversation

 

 

 

Mardi 13 novembre 2018 | 16h00-17h00 autour des « focus groups »
Mercredi 14 novembre 2018 | 11h00-12h00 autour de « Les hommes, les femmes et la communication. Mais que vient faire le sexe dans la langue ? »

 

Réflexions post-ateliers de conversation de Véronique Lemoine-Bresson

En présence de Frédérique Poisot, formatrice ESPÉ de Lorraine qui collabore avec l’intervenante à l’ESPÉ.

En inscrivant ses enseignements dans le cadre des ateliers de conversation initiés par l’équipe du centre de documentation Michel Dinet de l’ATILF, Véronique Lemoine-Bresson a fait l’hypothèse que les étudiants, dont elle a la charge d’enseignement à l’ESPÉ, s’approprieraient cet espace de rencontre pour perpétuer ce qui se passe "en cours ordinaire". En d’autres termes s’engager à faire des choses, à réfléchir à ce qui est fait et à ce qui se dit. L’objectif étant d’organiser des situations qui leur permettent de coconstruire de nouvelles connaissances.

Pour mémoire, l’objet de cet atelier de conversation a été de faire le point avec les étudiants du parcours de Master 2 Ingénierie Pédagogique ESPÉ de Lorraine (Site de Nancy-Maxéville ) sur l’usage des focus groups dans le cadre d’une recherche en éducation et/ou en formation selon le texte (proposé aux étudiants) : Qu’est-ce que les focus groups ? Bulletin de psychologie, tome 57 (3), 237-243 écrit par de Kitzinger, J., Markova, I., & Kalampalikis, N. | 2004.

 

Dans le cas du premier atelier,
Le contenu de savoir à enseigner touchait à des questions de méthodologie en recherche et plus précisément une méthode empirico-inductive qui intègre « à plein » les sujets en interactions et le contexte, à savoir les focus groups*. Les contenus liés à l’UE travail de recherche sont anxiogènes pour les étudiants du parcours Ingénierie Pédagogique, d’après les résultats d’une recherche menée auprès d’une cohorte en 2017. À partir de ces éléments, elle a tenté d’inscrire les contenus dans deux situations didactiques définies dans l’espace et le temps inhérents à l’atelier de conversation. Il s’agissait essentiellement de situations qu’on pourrait qualifier de travail réflexif : les étudiants devaient (s)’interroger à partir de 4 questions reliées aux focus groups, et aussi de situation de communication : les étudiants avaient à charge de synthétiser après enquête auprès des autres les divers points de vue et les restituer.

 

Enfin les situations proposées peuvent aussi être qualifiées d’institutionnalisation : les étudiant.e.s, dans leurs interactions ont construit des positions réflexives par rapport aux actions pendant l’atelier et aux savoirs en jeu. Selon leurs propos recueillis à la fin de l’atelier, la lecture de l’article proposé, donné à lire un mois avant le jour J, a été ardue et ce, pour deux raisons principales :
- Tout d’abord, cette lecture les a mis en face de la nécessaire acculturation aux écrits de recherche, mais aussi de la nécessité de prendre des notes pendant la lecture.
- Aussi, ils-elles ont été confronté.e.s dans l’article aux multiples paramètres dont il faut tenir compte pour préparer un focus groups, pour le mener et analyser ce qui s’y est dit (ou pas) et comment cela s’est dit (ou pas). Ils-elles disent d’une part avoir beaucoup apprécié la forme atelier de conversation et le format de communication proposé, et d’autre part avoir appris autrement qu’en surface ce qu’est une méthode d’enquête de terrain, ici un focus groups, et compris en quoi cela pourrait être pertinent pour la recherche qu’ils doivent mener en Master 2.

 

 

Dans le cas du second atelier,
Ce sont les étudiant.e.s du parcours Enseignement et Pratique Accompagnée de l’ESPÉ qui ont pris en charge l’organisation de l’atelier dans son entièreté. Ils-elles devaient notamment s’adapter à un élément spécifique de cet atelier, à savoir la présence de l’auteure du livre étudié : Sophie Bailly enseignante-chercheure, professeure de l’Université de Lorraine, rattachée pour la recherche à l’ATILF et auteure de « Les hommes, les femmes et la communication » | 2008 | éditions L’Harmattan.

Après avoir réfléchi ensemble en cours à la question de leur légitimité de s’adresser à une personne qui en savait tant sur un sujet qui était par ailleurs au cœur de leurs préoccupations, les étudiant.e.s ont formé 4 groupes et se sont investi.e.s pleinement dans l’élaboration d’activités dont les objectifs étaient de donner leur point de vue sur l’œuvre étudiée, de le confronter à celui de Sophie Bailly, d’obtenir plus d’éléments de contexte de l’écriture de ce livre et également de favoriser des réactions chez l’auteure en lui proposant « une photo, un extrait musical, un kit » comme éléments déclencheurs de parole. L’écrivaine a pu replonger dans le contexte des années 1980 pour décrire ce qui faisait la spécificité du rapport homme-femme à cette époque, à partir du standard "Une femme libérée" de Cookie Dingler (1984) et partager l’actualisation de son objet de recherche, à partir de la chanson de Clara Luciani "Drôle d’époque" (2018).
Un autre groupe a proposé de réfléchir au caractère universel et singulier des problématiques genrées et sexuées, à partir d’une photo de la Terre. Enfin, c’est le "kit" élaboré par les étudiant.e.s avec des objets à messages qui a permis à Sophie Bailly de révéler que son ouvrage avait été écrit dans un but pédagogique à destination des étudiant.e. s… et que c’était la première fois qu’elle accueillait en direct les ressentis, les points de vue de celles et ceux à qui elle s’adressait dix ans plus tôt …

Réflexions post-ateliers de conversation de Sophie Bailly

"C’est une de mes plus belles aventures professionnelles !" dixit Sophie Bailly qui a remercié chaleureusement toutes les personnes qui ont imaginé et organisé cette initiative et toutes celles qui y ont participé.

Véronique Lemoine-Bresson, de l’équipe de recherche scientifique Didactique des langues et sociolinguistique a proposé à Sophie Bailly , de la même équipe de participer à ce second atelier** de conversation, afin de provoquer un rendez-vous avec ses étudiant.e.s d’un cours sur l’interculturalité. Sophie Bailly a donc rencontré pendant une heure, des lectrices et lecteurs de son livre, pour un échange dynamique autour du thème de la communication inter-sexuelle et plus généralement des rapports entre la langue, le langage et le genre et le sexe. Une vingtaine de personnes étaient présentes, dont une quinzaine d’étudiant.es de master MEEF et deux autres étudiant.es présentes sur les lieux au moment de l’atelier, quelques collègues enseignant.e.s-chercheur.e.s ainsi que quelques membres du service documentation - communication. Les étudiant.e.s du master MEEF avaient préparé cette conversation en amont pendant la lecture du livre et avaient imaginé, par sous-groupes, des modalités de questionnement originales et pleines de surprises qui ont favorisé des échanges détendus et animés et chargés d’émotions par moments.

C’était la première fois que l’auteure avait un retour aussi direct de ses lecteurs et lectrices de prédilection, puisqu’elle a écrit ce livre à destination d’étudiant.e.s, ou des collègues non avertis du domaine ou d’un domaine connexe des sciences humaines et sociales. Leurs critiques pertinentes, leurs questions intéressantes, ont donné l’occasion à Sophie Bailly de porter un regard rétrospectif sur près de trente ans de réflexion et de recherche personnelles sur ce thème. Au-delà du constat intuitif, et insatisfaisant, que le statut des femmes ne semble guère avoir progressé depuis la publication du Deuxième sexe de Simone de Beauvoir en 1949 (il y aura 70 ans l’an prochain !), l’atelier a permis d’aborder l’actualité de la recherche du domaine Genre et Langage et quelques questions dont le livre ne traite pas, comme la féminisation des noms de métiers, le rapport langage et sexualité ou l’éducation non sexiste.

Laura, étudiante qui a participé à un des ateliers a dit : "L’atelier focus group m’a plu. Le partage et l’échange d’informations autour d’un thème permet de renforcer ses connaissances sur le domaine. Il amène à débattre, tout en favorisant un climat bienveillant autour de la notion abordée."

 

Rappel ! Quezako ? Atelier de conversation ?

L’atelier de conversation est organisé sur le principe de l’expérience de lecture partagée. Le centre de documentation Michel Dinet rattaché au service documentation - communication de l’ATILF est l’initiateur du projet. Cette action devrait être développée pour 2019 à fréquence régulière sur les deux sites, d’une part la didactique des langues et d’autre part la linguistique et destiné uniquement aux étudiant.e.s.
L’atelier de conversation est un vrai projet moteur autour du livre. Il est aussi l’occasion de donner à cette bibliothèque associée une plus forte visibilité et de mettre en place des projets collaboratifs avec les enseignant.e.s-chercheur.e.s et les documentalistes.

Comment a germé cette idée ? Comment se sont construits le contenu de ces ateliers ? Quels objectifs ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

dernière mise à jour : 17/12/2018 - DB/LG © L. Gobert, ATILF | sources : V. Lemoine-Bresson, S. Bailly, C. Comsa
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